Lectures déjà parues les semaines précédentes

  • Les yeux fixés sur Jésus!

  • Ton coeur

  • Les yeux fixés sur Jésus!

    Durant ses trois années de ministère public, Jésus-Christ n'a jamais été en avance ou en retard sur l'horaire divin. C'est un des grands messages de l'Évangile selon Jean.

    "Sa montre" était toujours réglée sur celle de son Père. Il était toujours là où son Père voulait qu'il soit, à l'heure décidée par Dieu et pour accomplir le programme précis prévu par Lui.

    Aux noces de Cana, Jésus refuse de brûler les étapes et de manifester sa gloire de manière trop éclatante: "Mon heure n'est pas encore venue" (Jean 2:3-4). Il laisse entendre à Marie qu'Il ne peut pas la suivre dans son ambition charnelle pour Lui. L'heure de la royauté messianique n'a pas encore sonné et Il n'y aura pas de couronne sans les épines... de la croix. Le miracle sera donc discret.

    Aux disciples intrigués par ses propos, Il indique sa préoccupation essentielle: "Ma nourriture est de faire la volonté de Celui qui m'a envoyé, et d'accomplir son oeuvre." (Jean 4:34). Jusqu'au bout de son parcours terrestre, ses paroles et ses actes seront en harmonie parfaite avec la volonté de son Père.

    À ses frères qui le poussent à faire du grand spectacle en Judée où sa vie est menacée, Il répond: "Mon temps n'est pas encore venu." (Jean 7: 8). L'oeuvre que le Père Lui a donné à faire est loin d'être achevée. Le moment de s'exposer publiquement à la haine meurtrière n'est pas encore venu! Pas de provocation inutile, ce n'est pas encore l'heure de la croix. Pour la seconde fois, ses proches le poussent à devancer le temps de Dieu, par désir charnel de gloire.

    Parce que Jésus prend soin de vivre à l'heure du Père, Dieu est avec Lui et le protège lorsqu'Il court de graves dangers: "Personne ne mit la main sur Lui, parce que son heure n'était pas encore venue." (Jean 7:30; 8:20). Bien des meurtrissures inutiles, dans nos vies, viennent de ce que nous sommes trop souvent en avance ou en retard sur le temps de Dieu pour nous.

    À la nouvelle de la maladie de son ami Lazare, Jésus n'intervient qu'à l'heure du Père. Il résiste d'abord à la pression affective qui voudrait le précipiter vers Béthanie au chevet du malade. Il ne tient pas compte ensuite des mises en garde des disciples qui craignent pour sa vie s'il retourne en Judée: "N'y-a-t-il pas douze heures au jour? Si quelqu'un marche pendant le jour, il ne bronche point, parce qu'il voit la lumière de ce monde...", autrement dit: l'heure est venue de m'exposer; non à la dérobade! Le temps qui m'est imparti par mon Père pour accomplir son oeuvre n'est pas encore totalement écoulé. Quand il le sera, Je serai alors cloué sur la croix, mais pas avant! Je ne veux pas ajouter à ma vie, par la lâcheté, des heures qui seraient celles de la volonté propre. Elles seraient obscures parce que vécues hors du temps du Père. (Jean 11:1-11; 9:4). On essaye ici de freiner Jésus pour Lui éviter la croix, en Lui faisant prendre ainsi du retard sur l'heure du Père.

    "L'heure est venue où le fils de l'homme doit être glorifié... Et que dirai-je?... Père, délivre-moi de cette heure?... Mais, c'est pour cela que je suis venu jusqu'à cette heure. Père glorifie ton nom!" (Jean 12:20-28). Malgré la tentation de la gloire sans la croix, du succès auprès des prosélytes grecs, d'une porte de sortie facile permettant d'éviter la souffrance, Jésus accepte volontairement d'affronter l'heure terrifiante et décisive du grand sacrifice, demeurant ainsi au coeur même de la volonté du Père. Sans la croix, il ne saurait y avoir d'abondante moisson.

    "Sachant que l'heure est venue...", Jésus donne aux siens une preuve suprême, leur ouvre une dernière fois son coeur, prie pour l'Église qui va bientôt naître... et meurt enfin sur la croix, accomplissant ainsi toute la volonté du Père, après avoir résisté aux assauts terribles du malin qui cherchait une dernière fois encore à l'en détourner (Jean 13:1; 17:1-4; 19:28-30; et Matthieu 26:36-46). MISSION ACCOMPLIE! Ma dette est payée! Je puis être sauvé pour l'éternité!

    Ainsi, notre Sauveur et Seigneur a été confronté aux mêmes problèmes que nous dans l'organisation pratique de son temps. Comme nous, Il a été tenté par l'impatience, le coup de pouce charnel, la voie de la facilité et de l'indépendance. Les uns voulaient le voir brûler les étapes; les autres cherchaient à le freiner lorsqu'au contraire il fallait avancer. Il Lui est même arrivé de se cacher, sans succès, dans une maison pour pouvoir prier (Marc 7:24).

    Les foules le pressaient de tous côtés, les besoins étaient écrasants, la tâche immense... mais Jésus n'apparaissait jamais débordé ou agissant à contrecoeur. J.O Fraser a dit: "Dans la biographie de notre Seigneur, rien n'est plus frappant que l'équilibre et l'aisance tranquille de sa vie. Jamais énervé, quoi qu'il arrive, jamais pris au dépourvu, malgré les attaques des hommes et des démons: au milieu d'hommes inconstants, de dirigeants hostiles, de disciples sans foi, Il est toujours calme, toujours maître de soi. Il ne faisait ni plus ni moins que ce que Dieu Lui avait imparti, et cela sans agitation, sans hâte, sans inquiétude. A-t-on jamais connu vie si paisible - dans des conditions si difficiles? Où résidait le secret de Sa sérénité?... dans l'assurance qu'Il avait de marcher en accord avec l'emploi du temps de Son Père, qui avait été établi avec tant de précision que chaque heure était prévue. Il ne permettait à personne d'avancer ou de retarder Son planning. Il organisait Son agenda chaque jour en communion avec Son Père. Chaque jour, Il recevait les paroles qu'Il devait dire et les oeuvres qu'Il devait accomplir, ce qui Le rendait serein au milieu des obligations pressantes... Il refusait de vivre une vie au petit bonheur, car cela aurait gâché le plan de son Père".

    Sa dépendance continuelle du Père et son intimité parfaite avec Lui, sa soumission humble et respectueuse à la volonté de Dieu ont fait de Lui un Maître incomparable dans ce domaine tellement important de la gestion de notre temps. Il est parfaitement capable de comprendre, de secourir et d'équiper ceux qui s'approchent de Lui, animés du souci d'être de meilleurs gérants des heures, des jours et des années que Dieu leur offre pour le glorifier et le servir sur cette terre. Son Esprit est intensément désireux de nous fortifier puissamment dans l'homme intérieur (Éphésiens 3:16) afin que nous soyons à même de gérer de mieux en mieux le temps qu'Il met à notre disposition ici-bas, pour bien nous préparer à une éternité fantastique à Ses côtés. Alors, il n'y aura plus d'heure à surveiller, de contretemps en rafales à supporter, d'agendas à remplir et de programmes à équilibrer... En attendant cet heureux temps où nous serons délivrés des contraintes... du temps, à nous de jouer! La balle est dans notre camp!

    Maurice Decker

    Ton coeur

    "Je le ferai approcher, et il viendra à moi; car qui est celui qui engage son coeur pour venir à moi?" (Jérémie 30:21)

    À l'appel de Jésus "venez à moi, vous tous qui êtes fatigués, et je vous donnerai du repos." (Mathieu 11:28),
    avez-vous répondu avec foi et ferveur?

    Un coeur engagé, sans réserve, un coeur ouvert à l'amour du Sauveur, voilà ce que demande Jésus. Êtes-vous de ceux qui n'ont pas dit oui, contraignant ainsi le Seigneur à dire avec douleur: "Et vous ne voulez pas venir à moir pour avoir la vie" (Jean 5:40) Lorsque nous prenons conscience de notre misère morale et de notre besoin d'un Sauveur, l'Esprit de Dieu opère en nous une transformation appelée la nouvelle naissance, et notre "coeur de pierre" est changé en un "coeur de chair", selon Ézéchiel 36: 26, 27) C'est l'enseignement de Jésus à Nicodème, en Jean 3. Mais cette opération de la grâce de Dieu ne se fait pas contre gré; il faut accepter l'offre du Sauveur lorsqu'Il dit: "Veux-tu être guéri?" (Jean 5: 6).

    "Mon fils, donne-moi ton coeur" (Proverbes 23: 26), c'est l'invitation à goûter pleinement la relation établie par le Dieu et Père de notre Seigneur Jésus-Christ.

    Un coeur donné, sans partage, livré à Celui qui l'a racheté, n'est-ce pas ce que notre bien-aimé Sauveur est en droit d'attendre des siens? Nous chantons parfois dans un cantique: Nous t'adorons, victime expiatoire, Tu t'es acquis tous les droits sur nos coeurs. Voudrions-nous dire à Jésus: Je te donne un peu de mes affections, mais je veux en garder une part pour moi-même, une part aussi pour ce que je désire aimer sans toi? Le Seigneur n'a que faire d'un coeur partagé. Peut-être aussi que, moins effrontément, nous essayons de reprendre à Jésus ce que nous Lui avons donné précédemment. Les attraits d'un monde trompeur ravissent une portion de nos affections, une liaison amoureuse s'établit en dehors d'un chemin d'obéissance à la Parole... "Mon fils, donne-moi ton coeur et que tes yeux se plaisent à mes voie", paroles sérieuses et incisives qui proviennent du coeur de Celui qui nous a aimés et s'est donné Lui-même pour nous!

    "Ouvre ton coeur à l'instruction, Et tes oreilles aux paroles de la science". "Toi, mon fils, écoute et sois sage, et dirige ton coeur dans le chemin". "Mon fils, si ton coeur est sage, mon coeur s'en réjouira" (Proverbes 23: 12, 15, 19). Que d'injonctions saississantes, pleines de grâce et de sagesse!

    Un coeur appliqué, qui écoute, reçoit instruction et devient sage pour se diriger dans le chemin, c'est ce qui réjouit le coeur de Notre Dieu. Après avoir reçu l'amour de Jésus et Lui avoir répondu par un total don de soi, le croyant se nourrit de la Parole de Dieu, y recherchant Celui qui est devenu l'objet suprême de ses affections. Exercé devant Dieu par la prière, il demande d'être instruit, il apprend à connaître intelligemment, par le coeur. Ses affections sont engagées. Nourri alors de Lui, le coeur s'élargit pour aimer comme Lui, pour aimer avec Lui. Le coeur est amené à comprendre, avec tous les saints, quelles sont les dimensions infinies de l'Être divin et de son essence, qui est Amour.

    "Garde ton coeur plus que toute autre chose, car de lui viennent les sources de la vie" (Proverbes 4: 23).

    Un coeur gardé, réservé pour Jésus et protégé des influences pernicieuses, nous y sommes invités avec instance par Celui qui sait quelle est notre faiblesse et quels sont les dangers qui nous guettent. La vigilance nous est enjointe à plusieurs reprises, soit dans l'Ancien-Testament, soit dans le Nouveau-Testament. C'est par manque de vigilance que sont tombés des David, des Salomon ou des Démas. Leurs affections se sont détournées vers des objets divers, et leurs pieds ont été entraînés dans un chemin menant à une chute honteuse. Veillons sur nos coeurs avec diligence, car ils sont si facilement amorcés. À quinze ans ou à vingt, mais tout autant à cinquante ou soixante ans.

    Plus que toutes autres choses garde ton coeur, car c'est dans le coeur premièrement que la chute interviendra. On pourrait retenir avec fermeté et rigueur bien des principes de la Parole; on pourrait s'attacher avec orthodoxie aux enseignements reçus; mais si le coeur se laisse gagner par l'indifférence et s'attiédit un tant soit peu, la connaissance des vérités scripturaires ne nous préservera pas de tomber. Laissons alors la Parole agir sur nos coeurs, ne nous contentant pas d'y appliquer nos intelligences. La Personne qui y est révélée, notre Sauveur et Seigneur Jésus-Christ, habitera alors par la foi dans nos coeurs et y maintiendra des affections ardentes qui ne seront qu'un écho des siennes.

    Tu m'as aimé: c'est de ton amour même, que mon amour vivra.

    "Le coeur... qui le connaît? Moi, l'Éternel, je sonde le coeur, j'éprouve les reins" (Jérémie 17: 9, 10)

    Un coeur sondé, cela implique un travail douloureux, opéré par Dieu même. Au Psaume 139, David cherche à s'y soustraire; il n'y parvient pas. Il réalise alors qu'il a besoin de cette sonde divine et demande à la fin du Psaume: "Sonde-moi, ô Dieu, et connais mon coeur; éprouve-moi, et connais mes pensées (v. 23). Ce qu'il redoutait d'abord, il le demande ensuite, pour que son coeur soit à l'aise devant Dieu et que soit jugé en son être intérieur tout ce qui pourrait entraver sa communion. Qu'il en soit ainsi de chacun de nous! Que le Seigneur nous en fasse la grâce, nous accordant de rechercher sa face et de nous tenir continuellement sous son regard, à l'instar de notre parfait modèle qui pouvait dire: "J'ai constamment l'Éternel sous mes yeux" (Psaume 16: 8)

    F.G.