Abrégée dans notre langage, la notion du temps se résume en trois mots: hier, aujourd'hui, demain. Dans le langage de la Bible, en rapport avec le Sauveur, il est dit: "Jésus est le même hier, aujourd'hui, et éternellement" (Hébreux 13:8). Le "demain" de l'homme n'appartient qu'au Dieu d'éternité.
Le passé a rempli notre existence et le futur peut comporter encore beaucoup de jours. Le présent implique pour chacun l'accomplissement du devoir et souvent aussi des décisions primordiales. Notre présent engage notre futur. Cela est vrai pour les affaires de cette vie; mais combien plus, s'il s'agit de notre âme, aucune négligence ne peut être permise. "Voici maintenant le temps favorable, voici maintenant le jour du salut" (2 Corinthiens 6:2).
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Ne nous complaisons pas à regarder en arrière pour regretter le passé ou pour nous glorifier. C'est une manière de s'occuper du moi et parfois d'en fatiguer les autres. Il y a toutefois des moments où le chemin parcouru doit être remis en mémoire. À certaines dates, lors d'un anniversaire, il est utile de faire le point. Une prise de conscience est nécessaire, mais veillons à éviter deux écueils opposés: d'une part, nous lamenter sur notre état et d'autre part nous vanter de nos réalisations. Une introspection répétée peut être maladive ou conduire à un accablement excessif. Une mise en évidence de nos œuvres dénote l'orgueil.
Nous pouvons compter les bienfaits de Dieu à notre égard. Considérons comment, malgré nos défaillances, ses soins n'ont jamais manqué. Il en résultera une profonde reconnaissance envers Dieu. Nous verrons aussi que bien des faux pas ont ralenti notre marche et nous apprendrons à mieux nous appuyer sur Celui dont il est dit: "Il ne permettra point que ton pied chancelle; celui qui te garde ne sommeillera point" (Psaume 121:3).
Si la considération du jour de demain peut être une spéculation vaine, il en est ainsi des regrets du passé. Satan, l'ennemi de nos âmes, est habile à exploiter cette tendance pour nous amener au découragement. Bien que les vains regrets du passé puissent avoir un effet nocif, il n'est est pas moins nécessaire de considérer notre vie dans la lumière de Celui qui sonde les cœurs. Une repentance sincère nous amènera à une franche confession devant Dieu. C'est l'œuvre de l'Esprit Saint dans le coeur, le premier fruit de la vie nouvelle naissante. L'âme alors délivrée fera cette expérience de David: "Je t'ai fait connaître mon péché, je n'ai pas caché mon iniquité; j'ai dit: j'avouerai mes transgressions à l'Éternel! Et tu as effacé la peine de mon péché" (Psaumes 32: 5).
Parmi les événement passés qui ont marqué le cours de l'histoire, il en est beaucoup dont le souvenir ne se retrouve plus que sur les anciens livres et les ruines des monuments antiques. La carte politique du monde est sans cesse modifié et les grandes conquêtes des siècles passés n'ont généralement pas établi de frontières durables. Il en est de même dans le domaine de la pensée. Les grands bouleversements idéologiques ont leur flux et leur reflux et combien d'hypothèses élaborées autrefois et contredites aujourd'hui.
Le passé, pourtant, contient un événement qui reste inscrit dans la vie quotidienne. C'est la venue dans ce monde de Jésus-Christ, le Fils de Dieu. La date de ce jour nous l'indique puisque le calendrier est compté à partir de la naissance du Sauveur.
Aujourd'hui
Nous le disons fréquemment: le jour de demain ne nous appartient pas. La sagesse populaire a même repris cette parole de Jésus: "À chaque jour suffit sa peine" (Matthieu 6:34). Une maxime populaire dit: "Ne remets pas à demain ce que tu peux faire aujourd'hui". Véritable dans bien des domaines, cette parole prend un sens impératif s'il s'agit d'une question fondamentale qui risque de ne plus être réalisable demain. S'il s'agit de ce qui touche à la personne même et à son état de santé, un renvoi à plus tard peut devenir catastrophique. Pour un malade, par exemple, le remède prescrit pour aujourd'hui ne produira pas son effet si l'ordonnance médicale reste sur la table.
Pourquoi donc, lorsqu'il s'agit du salut éternel, entend-on fréquemment dire qu'il sera bien assez tôt quand on verra la mort approcher? Sait-on d'ailleurs si on la verra s'approcher? Elle survient souvent sans se faire annoncer. Il arrive aussi qu'on ferme volontairement les yeux pour ne pas la voir venir. La plus élémentaire prudence devrait inciter chacun à se poser courageusement une bonne fois le problème des problèmes celui de sa rencontre inévitable avec le Dieu saint.
"Voici, c'est maintenant le jour du salut" (2 Corinthiens 6:2). Demain risque de signifier trop tard, car le "demain" continuel abouti à l'éternité!
Demain
Que de projets ne faisons-nous pas pour demain! Que de plans élaborés avec plaisir! Et parfois, tout doit s'annuler… Que de craintes également assaillent quant à l'avenir, que de sujets d'inquiétude plus ou moins justifiés! Souvent aussi nos angoisses se révèlent avoir été vaines. L'inquiétude est le lot de tout homme, l'inquiétude avec son cortège de maux allant du stress à la dépression. Divers palliatif sont proposés pour neutraliser cette inquiétude. Pour les uns, ce sera l'activité; pour les autres, les loisirs. Occuper l'esprit, le distraire, cela laisse-t-il le cœur au repos? Loin de là! Et l'on prend des somnifères, des drogues même pour échapper aux contraintes journalières. S'engageant ainsi dans un cercle vicieux, l'âme s'enfonce toujours plus dans la nuit. Il existe un remède souverain. Jésus-Christ est venu nous l'apporter. C'est d'abord son sacrifice à la croix du Calvaire dont la valeur peut ôter nos péchés. C'est ensuite son élévation sur le trône de Dieu et son intercession en faveur de ses rachetés. C'est aussi le libre accès donné à nos prières. Nos soucis seront déposés aux pieds de Jésus et se transformeront en humble confiance. C'est la part excellente de celui qui connaît Jésus pour son Sauveur.
Les espoirs que l'homme fonde sur le jour de demain ne sont souvent que des utopies. Même basées sur des considérations purement scientifiques et sur les extrapolations des statistiques les plus sérieuses, les conjectures établies sont fréquemment renversées par les revirements inattendus des diverses situations. Non pas qu'il ne faille rien prévoir, car dans les affaires de la vie, la prévoyance est synonyme de prudence. La sagesse même nous enseigne à nous prémunir avec bon sens contre les aléas inévitables de l'existence. Le Seigneur Lui-même loue la prudence de l'économe injuste dans la parabole de Luc 16: 1-13. Mais la conclusion de cette parabole est une invitation à considérer un lendemain au-delà de nos jours terrestres, afin d'y être préparés dès aujourd'hui.
Le chrétien peut considérer l'avenir avec une grande sérénité. Sa confiance se fonde sur les promesses immuables de Celui qui ne peut mentir et qui a dit: "Je ne te laisserai point et je ne t'abandonnerai point" (Hébreux 13:5). Pour le présent Jésus a promis "Voici, je suis avec vous tous les jours" (Matthieu 28:20). Pour l'avenir: "Je reviendrai, et je vous prendrai auprès de moi; afin que là ou moi je suis, vous, vous soyez aussi" (Jean 14: 3).